Journée nationale des peuples autochtones : la violence et l’injustice perdurent

22 juin 2020

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Cette année, le Mois national de l’histoire autochtone a été marqué par le décès de plusieurs personnes appartenant à ces peuples qui devaient pourtant être à l’honneur.

Le 2 juin, Everett Patrick, est mort en garde à vue après avoir été mordu par des chiens policiers à Prince George en Colombie-Britannique. Deux jours plus tard, Chantel Moore, 26 ans, a été abattue par la police lors d’un « contrôle de bien-être » à Edmunston, au Nouveau-Brunswick. Le 12 juin, Rodney Levi a été mortellement blessé par balles par un agent de la GRC du Nouveau-Brunswick à proximité de la communauté micmaque de Metepenagiag.

Les mois précédents ont été tout aussi violents. Le 8 avril, la police a arrêté Eisha Hudson dans une rue de Winnipeg et pris d’assaut son véhicule. On lui a tiré dessus alors qu’elle était encore dans la voiture. Moins de 12 heures plus tard, Jason Collins a été abattu par des policiers dans la même ville. Stewart Kevin Andrews est devenu le troisième Autochtone abattu par la police de Winnipeg en 10 jours alors que celle-ci répondait à un signalement de vol.

Puis, le 5 mai, Abraham Natanine a été tué par la GRC à Clyde River, au Nunavut. 

Voilà le nom de ceux et celles qui ont perdu la vie aux mains des forces de l’ordre ces derniers mois et qui s’inscrivent dans une longue lignée de victimes de violence policière.

Aucun de ces individus ne méritait d’être tué, quelles que soient les circonstances. Le rôle de la police est de désamorcer les tensions et de maintenir la paix. Il ne fait aucun doute que certains agents accordent moins de valeur à la vie des Autochtones, et ils le font en toute impunité. En 2017, le rapport du vérificateur général soulignait qu’aucun membre de la GRC n’avait été licencié pour comportement inacceptable, malgré les 85 actions civiles intentées pour violence à l’encontre d’Autochtones.

Malgré tout, d’éminents Canadiens continuent de nier que le racisme systémique est un problème. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a récemment affirmé que : « Dieu merci, nous sommes différents des États-Unis. Nous ne connaissons pas ces problèmes systémiques implantés depuis des années ». Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est fait l’écho de ces sentiments. La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a pour sa part déclaré : « Je pense que si le racisme systémique signifie que le racisme est ancré dans nos politiques et procédures, je dirais que nous n’avons pas de racisme systémique. » Deux jours plus tard, elle a été contrainte de faire marche arrière : « je n’ai pas affirmé formellement que le racisme systémique existe à la GRC. J’aurais dû le faire. ». Rien de tout cela n’est nouveau. Les Autochtones des Prairies ne connaissent que trop bien les patrouilles au clair de lune. C’est une pratique qui a vu le jour à Saskatoon dès les années 1970 et qui consiste à conduire des Autochtones (parfois en état d’ébriété) en périphérie de la ville, en plein hiver. Ces Autochtones doivent alors rentrer à pied par des températures glaciales, généralement très tard dans la nuit.

L’application de la loi n’est pas le seul volet du système judiciaire qui nécessite une refonte complète. Les adultes blancs ont vu leur taux d’incarcération diminuer au cours de la dernière décennie, tandis que le Canada affichait le taux de criminalité le plus faible en 45 ans. Pendant ce temps, le taux d’incarcération des Autochtones a explosé – jusqu’à 112 % pour les femmes. Dans les prisons provinciales, 36 % des détenus sont des femmes autochtones et 25 % des hommes autochtones, alors qu’ils ne représentent que 4 % de la population canadienne.

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