Hier, l’honorable François-Philippe Champagne, ministre des Finances et du Revenu national, a publié une lettre qu’il a fait parvenir à la présidente du Comité permanent des Finances (FINA) de la Chambre des communes.
Dans cette lettre, le ministre reconnaît que les retards de service et les difficultés d’accès que rencontrent les citoyens dans les centres d’appels de l’Agence du revenu du Canada (ARC) sont inacceptables. Il dit prendre la situation très au sérieux. De plus, il indique qu’il a donné pour directive à l’Agence de mettre en œuvre un plan d’action de 100 jours afin de renforcer les services, d’améliorer l’accès et réduire les délais.
Concernant les centres d’appels, le ministre indique qu’il a demandé à l’Agence de prendre des mesures concrètes afin d’aider les Canadiens à obtenir le soutien dont ils ont besoin. Cela pourrait inclure des réaffectations et de l’ajout de personnel et des améliorations au niveau des technologies.
Notre syndicat accueille positivement l’initiative du ministre Champagne et nous sommes ouverts à collaborer avec celui-ci et avec la haute direction de l’ARC afin de trouver des solutions durables pour réduire les retards de service et améliorer l’accès. Nous apprécions également que le ministre ait reconnu le bon travail et le dévouement des employés de l’ARC, dont la majorité sont membres de notre syndicat, envers la population et les entreprises du Canada.
Cela étant dit, nous exprimons aujourd’hui de vives inquiétudes concernant la viabilité de ce plan à venir. Nous ne doutons pas de la bonne volonté du ministre. Cependant, le ministre des Finances a demandé à l’Agence d’effectuer des compressions budgétaires au cours des trois (3) prochains exercices financiers. Le commissaire de l’ARC, M. Bob Hamilton, a déjà informé tous les employés que l’Agence devra réduire ses dépenses de 715 millions de dollars d’ici la fin de l’exercice 2028-2029. D’ailleurs, les prochaines coupes budgétaires doivent survenir dès cet automne.
En considérant les budgets actuels de l’ARC et les coupes budgétaires supplémentaires prévues, nous voyons très difficilement comment l’Agence peut réussir à répondre aux attentes du ministre.
À notre avis, il est absolument nécessaire que M. Champagne, en sa qualité de ministre des Finances, renonce aux coupes budgétaires prévues pour l’ARC et qu’il réinvestisse d’importantes sommes d’argent à l’Agence dans son budget automnal s’il veut être en mesure de rétablir des normes de service acceptables et d’améliorer de façon significative l’accès aux services pour les citoyens et les entreprises. Afin de pouvoir financer ces investissements à l’ARC, nous demandons au ministre d’inclure une enveloppe budgétaire pour l’embauche de personnel dans des secteurs générant d’importants revenus. Ces nouveaux revenus couvriraient tous les coûts encourus par l’embauche de personnel supplémentaire à travers l’Agence mais permettrait également au gouvernement d’utiliser les sommes excédentaires pour financer d’autres investissements, que ce soit dans la fonction publique fédérale ou pour soutenir les entreprises et les travailleurs du secteur privé affectés par les tarifs imposés par le gouvernement américain.
En terminant, nous tenons à réitérer notre désir de vouloir collaborer avec le ministre Champagne et l’Agence du revenu du Canada afin de trouver des solutions ensemble pour fournir les services publics de qualité auxquels les Canadiens s’attendent et méritent. De plus, notre syndicat est tout à fait disposé et disponible afin de comparaître devant le Comité permanent des Finances (FINA) pour partager nos points de vue et celui des milliers d’employés de l’ARC que nous représentons et proposer des pistes de solution.
Respectueusement,
Marc Brière
Président national
Syndicat des employé-e-s de l’Impôt