Le 5 mai 2026, nous célébrons la Journée de la robe rouge, la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Cette journée nous rappelle de manière solennelle et poignante les milliers de vies autochtones perdues ou fauchées par la violence, l’indifférence et l’injustice systémique à travers le Canada.
La Journée de la robe rouge est l’occasion de rendre hommage aux personnes disparues et assassinées, de faire entendre la voix des familles et des survivants, et de reconnaître la profonde douleur qui pèse sur les communautés autochtones. Chaque robe rouge exposée ou portée symbolise une vie qui devrait encore être parmi nous : une fille, une sœur, une mère, une tante, une compagne, une amie ou une membre de la communauté dont l’absence se fait profondément sentir.
La violence subie par les femmes, les filles et les personnes autochtones et bispirituelles n'est pas le fruit du hasard. Elle trouve son origine dans les répercussions persistantes du colonialisme, du racisme et du sexisme, ainsi que dans le traumatisme intergénérationnel causé par des politiques et des systèmes conçus pour marginaliser les peuples autochtones. L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a affirmé que cette violence constituait une grave crise des droits de la personne et a appelé tous les paliers de gouvernement, les institutions et les Canadiens à prendre des mesures concrètes à travers ses 231 appels à la justice.
La Journée de la robe rouge n'est pas seulement une question de commémoration, c'est aussi une question de responsabilité. Pour rendre un hommage sincère, il faut un engagement constant en faveur de la vérité, de la justice, de la responsabilisation et de la réconciliation. Cela implique notamment de soutenir les solutions proposées par les Autochtones, d'écouter les familles et les survivantes, de lutter contre les inégalités systémiques et de garantir un avenir plus sûr aux femmes, aux filles et aux personnes autochtones et bispirituelles.
Aujourd’hui, et chaque jour, nous nous souvenons.
Nous sommes à l’écoute.
Nous sommes solidaires.
Et nous nous engageons à changer les choses.
L'origine de la Journée de la robe rouge
La Journée de la robe rouge trouve son origine dans le projet REDress, une installation artistique publique créée en 2010 par l'artiste métisse Jaime Black (également connue sous le nom de Jaime Black-Morsette). Le projet a vu le jour à Winnipeg, au Manitoba, et a été conçu comme une réponse artistique et communautaire à la crise croissante des femmes autochtones disparues et assassinées. Dans le cadre de cette installation, des robes rouges vides sont suspendues dans des espaces publics pour symboliser de manière poignante l’absence des femmes et des filles qui devraient les porter.
Jaime Black a choisi la couleur rouge pour sa signification culturelle et spirituelle. Dans de nombreuses cultures autochtones, on considère que le rouge est la seule couleur que les esprits peuvent voir, faisant ainsi de ces robes un moyen de rappeler les esprits chez eux et de veiller à ce que les femmes ne tombent pas dans l’oubli. Le rouge représente également la force vitale, le lien, l’amour, mais aussi, simultanément, la violence et la perte. Le vide des robes évoque ce que Black a décrit comme une « présence par l’absence », obligeant les spectateurs à se confronter à la fois à ce qui manque et à la raison de cette absence.
Au fur et à mesure que le projet REDress se diffusait à travers le Canada et à l'échelle internationale — dans les universités, les musées, les communautés et les espaces publics —, la robe rouge est devenue un symbole largement reconnu du mouvement. Cette visibilité a contribué à faire en sorte que le 5 mai soit officiellement reconnu comme la Journée de la robe rouge, une Journée nationale de sensibilisation et de commémoration célébrée chaque année dans tout le Canada.
Aujourd’hui, la Journée de la robe rouge donne lieu à des cérémonies, des marches, des installations artistiques, des activités éducatives et des moments de réflexion. On encourage les gens à porter du rouge, à exposer des robes rouges et à s’informer sur les réalités auxquelles sont confrontées aujourd’hui les femmes, les filles autochtones et les personnes bispirituelles — non pas comme un chapitre de l’histoire, mais comme une responsabilité urgente qui nous incombe aujourd’hui.