Ce matin, faisant suite à l’annonce faite cette semaine par le gouvernement Carney, par l’entremise du ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, d’imposer aux ministères et agences fédérales des compressions budgétaires de 15%, l’Agence du revenu du Canada (ARC) a informé tous ses employés qu’elle devra, à elle seule, réduire ses dépenses de 715 millions de dollars d’ici l’exercice 2028-2029.
Avec cette nouvelle annonce, nous sommes confrontés à une situation tout simplement alarmante et inacceptable. En effet, seulement l’an dernier, près de 7 000 employés de l’ARC ont perdu leur travail, dont plusieurs étaient membres de notre syndicat. Cela a eu pour effet d’affecter grandement la qualité du service offert à la population et aux entreprises. Par exemple, les délais d’attente pour traiter de demandes d’ajustement de rapport d’impôt ou des avis d’opposition à une cotisation ont explosé, dépassant souvent 12 mois.
La situation est particulièrement alarmante dans les centres d’appels. Nos membres, agents de service à la clientèle, sont dévoués et font tout en leur possible pour répondre aux questions des entreprises et des particuliers, que ce soit concernant leurs impôts, des bénéfices, ou tout autre question. Cependant, ils sont carrément débordés et leur nombre est nettement insuffisant pour faire face à la demande. Imaginez maintenant ce que ce sera avec une réduction supplémentaire de 15 % du budget ! C’est inimaginable!
« Si le Premier ministre Carney va de l’avant avec ces compressions supplémentaires, la situation à l’ARC deviendra tout simplement catastrophique », déplore Marc Brière, président national du SEI. « Notre syndicat est fortement préoccupé par l’impact sur les services mais également pour la santé et la sécurité de nos membres, particulièrement au niveau de leur santé mentale. »
Pendant la campagne électorale, le Premier ministre Carney a promis de plafonner les effectifs dans la fonction publique fédérale et « qu’il n’y aura pas coupes de postes dans la fonction publique ». Pourtant, les compressions budgétaires de 15% annoncées cette semaine ressemblent assurément à une mesure d’austérité.
« À moins de changer de stratégie, il est absolument impossible de couper 15% dans le budget d’opération de l’ARC sans effectuer des compressions massives de postes et d’affecter gravement les services offerts à la population et aux entreprises », déclare Marc Brière.
Il existe des solutions qui sont déjà connues afin d’engranger des économies substantielles dans les dépenses d’opération de l’Agence et d’éviter de couper des emplois et ainsi de maintenir les services à un niveau acceptable. Par exemple, l’Agence pourrait diminuer le recours à la sous-traitance, revenir sur sa décision d’imposer à ses employés un retour obligatoire au travail au bureau et vendre des édifices fédéraux. Le gouvernement pourrait ainsi épargner des milliards de dollars sans sacrifier les services publics.
Nous demandons au ministre des Finances et du Revenu national, M. Champagne, de reconsidérer sa décision d’imposer des compressions massives à l’ARC qui résulteront en milliers de pertes d’emplois et de nous donner l’occasion de discuter avec lui de solutions novatrices afin de maintenir les services publics. Nous sommes prêts et disposés à discuter de ces enjeux le plus rapidement possible.
La population et les entreprises qui dépendent de services publics de qualité et les travailleurs et travailleuses méritent mieux.
L’avenir de notre fonction publique est en jeu!