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PAR FAX ET COURRIEL (613-941-6900)

Le 3 octobre 2007

Le très honorable Stephen Harper
Premier ministre du Canada
Chambre des communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6

Monsieur le premier ministre,

L’Alliance de la Fonction publique du Canada est très préoccupée par les événements qui secouent actuellement le Myanmar (la Birmanie). La planète entière a été témoin des manifestations pacifiques menées par des moines bouddhistes, un mouvement qui a pris de l’ampleur au cours des derniers jours.

La fédération des syndicats du Myanmar a lancé un appel à la grève générale le 1er octobre, manifestant ainsi sa solidarité avec les moines qui ont sacrifié leur vie et avec les étudiants et les jeunes qui ont courageusement affronté la junte militaire de manière pacifique. Là encore, les militaires ont réagi avec une violence extrême : tirs répétés contre les manifestants pacifiques, arrestations massives, attentats meurtriers.

Le plus troublant, c’est que de telles atteintes aux droits de la personne sont monnaie courante pour ce régime. Non seulement a-t-il souvent recours aux travaux forcés – une pratique barbare – et à l’incarcération d’opposants à la dictature, je pense notamment à Aung San Suu Kyi, mais ce régime fait aussi appel aux militaires et aux forces de l’ordre pour écraser tout mouvement de protestation lancé par le peuple courageux de Birmanie.

Les gouvernements du monde entier, y compris le gouvernement canadien, ont sévèrement condamné ces actes. Ainsi, en juin dernier, la Chambre de communes a exigé, de façon unanime, que la junte militaire birmane relâche Mme Suu Kyi, qui, depuis une victoire écrasante aux élections de 1990, a passé la majorité des 18 dernières années en détention ou en résidence surveillée. L’Alliance de la Fonction publique du Canada va plus loin et réclame la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, y compris les milliers de moines arrêtés récemment à Rangoun et les chefs de file étudiants.

Malheureusement, ce type de revendications n’a aucun effet sur le généralissime Than Shwe et ses hommes de main. L’Organisation internationale du travail (OIT), lors d’une session en 2000 portant sur le travail forcé au Myanmar, a invoqué l’article 33 de sa Constitution, une décision sans précédent, puisque c’était la première fois en 85 ans qu’elle faisait appel à ce mécanisme. Cette décision constituait aussi un appel de l’OIT à boycotter le Myanmar.

L’AFPC demande donc au gouvernement fédéral de donner suite rapidement à la résolution de l’OIT, laquelle exhorte les États membres à examiner les relations qu’ils entretiennent avec le Myanmar et à « prendre les mesures appropriées afin que ces relations ne puissent être mises à profit par [le gouvernement birman] pour perpétuer ou développer le système de travail forcé ou obligatoire ». Ces mesures seront efficaces dans la mesure où le gouvernement cessera bel et bien toute activité commerciale au Myanmar. Cela implique, notamment, interdire aux entreprises canadiennes d’entretenir des relations commerciales avec ce pays et d’y investir.
Permettez-moi, monsieur le premier ministre, de vous rappeler ce qui s’est passé en Afrique du Sud. Grâce aux sanctions économiques imposées par la communauté mondiale, on a réussi à faire tomber un régime brutal fondé sur l’apartheid. Il faut restreindre la marge de manœuvre de la dictature birmane à l’échelle internationale. Et l’influence que votre gouvernement peut exercer à cet égard n’est pas négligeable. Monsieur le premier ministre, je vous prie instamment d’agir dès aujourd’hui.

Veuillez agréer, monsieur le premier ministre, mes salutations distinguées.

Le président national,

 

John Gordon

c.c.  Stéphane Dion, chef de l’Opposition
Jack Layton, chef du NPD
Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois
Ken Georgetti, président, Congrès du travail du Canada
Les Amis canadiens de la Birmanie
Conseil national d’administration de l’AFPC
Internationale des services publics

 
   
 
   

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