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Discours de James Brittain

Lors du Congrès national 2005 du Syndicat des employé‑e‑s de l’Impôt (SEI – AFPC) James Brittain, aspirant au doctorat et conférencier à l’Université du Nouveau-Brunswick, a prononcé un discours sur l’importance de la solidarité internationale avec les autres travailleurs du monde entier. Son exposé était surtout axé sur les réalités actuelles de la violence faite par l’État au mouvement syndical en Colombie, qui est devenu le « pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes ». En effet, « c’est dans ce pays à lui seul que sont tués 90 % de tous les syndicalistes assassinés à l’échelle de la planète ». Le message qu’a livré M. Brittain, c’était « qu’en témoignant de ces attaques contre le mouvement syndical », le SEI et les autres syndicats au Canada « peuvent faire en sorte que les travailleurs de partout au monde soient traités avec respect et aient le droit de se syndiquer pour obtenir une rémunération équitable ».

M. Brittain a donné un aperçu de la répression croissante du mouvement syndical par l’État colombien, qui « se conforme de plus en plus aux politiques et aux orientations de l’administration Bush aux États-Unis ». Ainsi, l’actuel gouvernement colombien a proposé d’énormes restrictions du mouvement syndical tout en encourageant la désyndicalisation. Le Congrès colombien a accueilli favorablement des politiques officielles qui autorisent l’antisyndicalisme, qui mettent fin aux privilèges de pension, qui augmentent l’âge de la retraite et retardent donc la capacité des travailleurs de toucher leur pension, et qui visent à éliminer 33 % de tous les emplois au gouvernement. M. Brittain a fait remarquer que, en 2004, le ministère de la Protection sociale, qui est responsable des questions relatives au travail, a restreint le statut juridique de la vaste majorité des syndicats nouvellement formés et a déclaré illégales la majorité des grèves déclenchées au cours de l’année. Les syndicats affirment que les récentes modifications du droit du travail font qu’il est plus difficile pour les travailleurs de négocier collectivement et de s’associer à d’autres travailleurs.

Le plus inquiétant, c’est que le gouvernement a adopté de nouvelles lois contre le terrorisme qui facilitent la criminalisation de l’activité syndicale. Au cours de l’administration actuelle, un nombre croissant de dirigeants syndicaux ont été arrêtés relativement à des accusations de « terrorisme » et de « rébellion » et ont donc été « légitimement » détenus comme criminels dans leur propre pays.

Par ailleurs, M. Brittain a ouvertement demandé « en quoi est‑ce que cela concerne les travailleurs canadiens? » Il a poursuivi en faisant valoir que « si le mouvement syndical est réduit au silence en Colombie, il en résulte une réserve croissante de travailleurs qui peuvent facilement être exploités. On n’a qu’à se tourner vers le Mexique et l’Inde pour voir que les sociétés déménagent leurs industries là où la main-d’œuvre est la moins chère. Le licenciement ou la démobilisation des travailleurs en Colombie met en péril des emplois canadiens. En soutenant le droit des travailleurs de partout à une rémunération équitable, on augmente les chances de tout le monde de continuer de travailler. »

À la fin de son exposé, M. Brittain a invité le SEI – AFPC à participer à une campagne nationale de solidarité avec « un des syndicats les plus importants et les plus puissants de la Colombie : la FENSUAGRO (Fédération nationale syndicale unitaire agricole) ». La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario et les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce – Canada sont devenus deux des plus importants sympathisants internationaux de ce syndicat colombien, auquel ils apportent un énorme soutien économique et sociopolitique. Cette solidarité est grandement nécessaire, car le nombre croissant d’attaques paramilitaires sanctionnées par l’État entravent à plusieurs égards le travail du syndicat. Néanmoins, M. Brittain a déclaré que « comme membres du SEI, vous pouvez démontrer votre force et votre solidarité envers vos confrères et consœurs du mouvement syndical mondial ». En terminant, il a exhorté les travailleurs du monde entier à s’unir pour combattre le mouvement antisyndical mondial.

 

 
   
 
   

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